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Matricide, une métaphore qui touche au cœur des émotions ! - Geneviève Praplan

Le spectacle s’ouvre sur un plateau bleu saphir. Un comédien le balaye consciencieusement pendant qu’une voix distille des considérations sur l’importance d’un nettoyage impeccable. La voix off poursuit ses réflexions pseudo-philosophiques et précise, notamment, que le plateau est la Terre Mère. Le balayeur appliqué ôte minutieusement toute la saleté et quitte la scène.

Matricide, une proposition de la metteure en scène Catherine Travelletti, parle d’écologie. Il interpelle notre attitude face au développement durable, notre rapport à la nature, au monde. La Terre Mère est omniprésente dans les esprits. La thématique connue, le spectateur peut quitter sa rationalité, son besoin de comprendre. Son imagination se laisse emporter par les tableaux qui se succèdent.

Alors que la lumière jaillit sur le bleu de la scène, la première impression est celle de la sérénité. D’élégants personnages féériques se glissent entre les rideaux. Le spectateur se surprend à rêver de ciel, de mer, de voyage à travers la planète bleue. Ses pensées sont soudain chamboulées par l’arrivée de monstres affublés de vêtements singuliers, faits de papier mâché, plastic froissé, carton. Les monstres insatiables et irrévérencieux sèment le désordre, la folie. Des personnages fantasmagoriques, dignes d’un conte cauchemardesque, c’est le chaos. Le spectateur est médusé, désorienté par ce délire à la Jodorowsky. L’expression « Matricide » lui revient à l’esprit et le plonge encore plus dans la consternation, l’effroi. Un déferlement d’émotions le saisit, annihile tout raisonnement, il est déconcerté, perd ses repères…

Les monstres laissent tomber leurs oripeaux, guenilles taillées dans des matériaux de récup ; la tension se relâche. Néanmoins, ce n’est pas pour autant que les comédiens retrouvent la paix intérieure. Restent les souffrances, les démons, les fêlures dont on prendra soin en thérapie de groupe. En mettant en scène leurs émotions, les « anciens monstres » détricotent leurs comportements problématiques, distanciation esthétique permettant d’imaginer d’autres possibles.

Le représentation se termine par un acte de reconnaissance. Les comédiens, un à un, viennent religieusement déposer leur magnifique masque de monstre au pied de la Terre Mère et retrouvent leur liberté intérieure.

Le spectacle Matricide a permis à la spectatrice que je suis d’éprouver toute une palette d’émotions allant de la colère à la peur, de la tristesse à l’abattement, de l’énervement à la sérénité. J’ai été touchée par le jeu remarquable des comédiens, dans leurs moments de folie, de détresse. La vibration des lumières, la scénographie, de même que les magnifiques costumes d’Anna Van Bree m’ont permis, à moi aussi, d’imaginer d’autres possibles.

Pour réfléchir aux problèmes environnementaux, rendez-vous dimanche 20 février à 14h30 ou samedi 26 février à 16h30 à l’Atelier du Dragon avec Catherine Travelletti, Marie Dupontavice et Loïse Pignat de l’association UTOPIA. Gratuit et sur inscription à tlh@sierre.ch

Geneviève Praplan




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